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Le gourou d’une secte d’esclaves sexuelles reconnu coupable à New York

Le gourou d’une secte d’esclaves sexuelles reconnu coupable à New York
Capture d'écran / YouTube

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NEW YORK | Le gourou américain Keith Raniere a été déclaré coupable mercredi par le jury d’un tribunal fédéral de Brooklyn de tous les chefs d’accusation liés à un réseau d’influence qui lui permettait d’entretenir un harem d’esclaves sexuelles.

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Le principal avocat de Keith Raniere, Marc Agnifilo, a immédiatement indiqué que son client prévoyait de faire appel du jugement.

Cet homme de 58 ans était poursuivi pour trafic sexuel, extorsion, association de malfaiteurs, menaces, ainsi que corruption de mineur. Il risque désormais la réclusion criminelle à perpétuité et devrait connaître sa peine le 25 septembre.

Ces pratiques étaient dissimulées derrière une organisation baptisée Nxivm (prononcer Nexium), fondée en 2003 à Albany, capitale de l’État de New York, et dont le but officiel était de dispenser des formations pour un meilleur accomplissement personnel.

Dès les débuts, ce personnage charismatique à la longue chevelure a entretenu un cercle de 15 à 20 femmes sous influence avec lesquelles il avait des relations sexuelles à son gré. L’une d’entre elles était âgée de 15 ans seulement.

En 2015, Raniere avait créé une seconde organisation parallèle pyramidale, baptisée DOS, qui comprenait des «esclaves» et des «maîtres». Tous les membres étaient des femmes avec, au sommet de la pyramide, le gourou lui-même.

Les «esclaves» étaient notamment obligés d’avoir des rapports sexuels avec Keith Raniere, à la seule discrétion du «Grandmaster», un autre de ses surnoms.

Avant d’être acceptées comme esclaves, les femmes devaient fournir des «garanties», c’est-à-dire divers éléments potentiellement compromettants pour elles, photos, lettres, ou documents, que l’organisation se réservait le droit de rendre publics si elles quittaient DOS.

«Maître de la manipulation»

Certaines devaient aussi subir un «marquage», qui consistait à tracer sur la peau des lettres, souvent les initiales de Keith Raniere, à l’aide d’un stylo à cautériser, qui brûlait les chairs.

«Ce procès a montré que Raniere, qui se présentait comme un savant et un génie, était en réalité un maître de la manipulation, un escroc et un chef de bande criminelle», a déclaré le procureur fédéral de Brooklyn, Richard Donoghue, après le verdict.

«Ses crimes et ceux de ses complices ont détruit des mariages, des carrières, des patrimoines et des vies», a-t-il poursuivi.

Lors d’un procès de six semaines, l’accusation a dépeint Keith Raniere en manipulateur, usant de ressorts psychologiques classiques pour maintenir ses ouailles sous influence.

La défense a elle tenté de faire la distinction entre moralité et légalité quant au comportement de Keith Raniere.

Le principal avocat du gourou, Marc Agnifilo, a concédé que les moeurs de Keith Raniere pouvaient apparaître plus que douteuses aux membres du jury, mais rappelé que cela n’en faisait pas pour autant un criminel.

Celui qui se faisait appeler «Vanguard» a toujours affirmé que les relations sexuelles avec les membres de la secte étaient consenties.

«Je ne peux pas dire que je sois vraiment surpris», a commenté Marc Agnifilo après le verdict, expliquant néanmoins qu’il ne s’attendait pas à ce que son client soit reconnu coupable de l’ensemble des chefs d’accusation retenus contre lui.

Six personnes étaient initialement poursuivies par la justice, mais les cinq co-accusées de Keith Raniere ont, l’une après l’autre, plaidé coupable et évité le procès.

Une seule d’entre elles a finalement témoigné durant le procès. Attendues comme de possibles attractions de la procédure, l’actrice Allison Mack et l’héritière de l’empire Seagram, Clare Bronfman, qui avaient plaidé coupable, n’ont finalement pas témoigné.