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Niveau inquiétant au lac Saint-Pierre

La sécurité civile estime que l’eau pourrait monter jusqu’à 20 cm de plus que lors des inondations de 2017

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LOUISEVILLE | Le niveau d’eau du lac Saint-Pierre a dépassé le seuil des inondations historiques de 2017, dimanche après-midi, et le pire est encore à venir.

Le lac Saint-Pierre, sur le fleuve Saint-Laurent, a atteint cinq centimètres de plus qu’en 2017 à 19 h dimanche soir. Le niveau d’eau devait encore augmenter lundi.

Les responsables de la sécurité civile a évoqué que le niveau du lac pourrait augmenter jusqu’à une vingtaine de centimètres au-delà du seuil de 2017.

La neige de la Mauricie fondait en raison des 18 degrés Celsius atteints dimanche, ce qui a accentué le ruissellement vers les rivières.

« Toutes ces rivières-là vont se jeter tôt ou tard dans le fleuve Saint-Laurent. [...] Le niveau d’eau va augmenter, c’est clair », a dit le conseiller à la sécurité civile, Bernard Létourneau.

La marée haute et la pluie n’aident pas non plus. Quelques dizaines de maisons étaient inondées dans la région, dimanche en fin d’après-midi. Et ce nombre pourrait augmenter.

La faiblesse des vents a cependant contribué à limiter certains dégâts, notamment à Nicolet.

Militaires à l’ouvrage

Plus d’une centaine de militaires étaient déployés pour faire des sacs de sable et pour aider les citoyens à Louiseville, Maskinongé et Nicolet.

« Ça nous permet de faire quelque chose pour aider. Et ça fait changement de la routine de l’entraînement. On est là pour aider et ça nous fait plaisir de le faire », a dit le sergent Alexandre Caron.

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, suit la situation d’heure en heure, et estimait à 18 h que l’eau était déjà plus haute de 8 à 10 centimètres qu’il y a deux ans dans le secteur.

« Il faut travailler avec la nature, je ne me battrai pas avec », a dit le maire.

Sur la route du Nord, à Maskinongé, le décor était méconnaissable, avec tous les champs remplis d’eau, les rues qui disparaissent dans la flotte et les gens qui circulent en canot.

Les citoyens du secteur rencontrés étaient calmes. Pas étonnant, puisqu’ils sont inondés presque chaque année. Reste que cette fois, c’est pire.

Dérangeant

« Pour nous autres, ce n’est pas alarmant, mais c’est certain que c’est dérangeant. Il faut que tu vives avec. On aime ça, vivre ici, on a été élevés ici, alors on s’arrange », dit Stéphane Adam, qui commençait à avoir de l’eau dans son garage dimanche.

Son cousin, Télesphore Adam, abonde dans le même sens.

« On vit avec ça. On a été élevé là-dedans. C’est normal d’avoir de l’eau le printemps », a-t-il dit.

À Bécancour, le conseil municipal a décrété l’état d’urgence pour pouvoir prendre des décisions plus rapidement, tandis que l’eau continuait d’atteindre des résidences.

« J’espère qu’on se trompe et qu’on n’atteindra pas les chiffres qui nous ont été présentés », a dit le maire Jean-Guy Dubois.