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Les festivals demandent 5 millions $ aux commerçants du quartier des spectacles

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Les commerçants du Quartier des spectacles sont à couteaux tirés avec les organisateurs de festivals montréalais, eux qui exigent une contribution financière supplémentaire de 5 millions $ pour pallier la décroissance des revenus des grands événements, a appris TVA Nouvelles. 

 

Selon des sources impliquées dans les négociations, le montant de 5 millions $ a été avancé lors de discussions entre les festivals et d’importants propriétaires d’immeubles commerciaux situés à proximité du Quartier des spectacles. «C’est possible [que ce montant ait été évoqué]», s’est limité à commenter Jacques-André Dupont, président-directeur général de l’Équipe Spectra qui organise plusieurs festivals. Ce dernier soutient que les organisateurs sont en mode «consultation» actuellement. 

«Depuis 10 ans, on capte moins les revenus des gens qui viennent sur nos sites, tout simplement parce qu’il y a plus de restaurateurs», a plaidé M. Dupont. 

Les riverains du secteur, eux, n’ont pas l’intention d’accéder à la demande des festivals, qu’ils jugent exagérée pour le moment. 

«C’est complètement disproportionné par rapport à ce que nous rapportent les festivals, a commenté Patrice Ansay, propriétaire du restaurant Pèlerin Magellan, établi à un jet de pierre de la place des spectacles depuis 26 ans. C’est inacceptable d’aller taper sur les petits commerçants, qui gagnent nettement moins que ceux qui gèrent les festivals». 

311 millions $ depuis 2012 

Selon une compilation réalisée par TVA Nouvelles, les quatre plus grands festivals ont touché à au moins 311 millions $ de fonds publics provenant des paliers municipal, provincial et fédéral depuis 2012, dont 27,6 millions $ pour le Festival de jazz, 24,3 millions $ pour Juste pour Rire, 14,5 millions $ pour Montréal en Lumière et 11,9 millions $ pour les Francos de Montréal. À ces montants s’ajoute le coût de l’aménagement et de la promotion de la place des spectacles, évalué à 232,5 millions $. 

«On s’autofinance à hauteur de 80 %. [...] On était performant, on l’est un peu moins, on veut trouver une façon de le redevenir», a rétorqué le PDG de l’Équipe Spectra. 

Si les festivals n’arrivent pas à décrocher des revenus supplémentaires, ils évoquent, en coulisse, de déménager leurs activités. Le nouvel amphithéâtre de l’île Notre-Dame, aménagé grâce à plus de 70 millions $ par la Ville de Montréal, pourrait éventuellement accueillir des événements d’envergure. «Croyez-moi, si on était pris à déménager, parce qu’on manque d’espace ou qu’on n’est plus capable de réinvestir, ils [les commerçants] seraient encore plus mécontents», a indiqué Jacques-André Dupont, qui organise actuellement le festival Montréal en Lumière.