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Encore plus cher que prévu pour agrandir des écoles

Encore plus cher que prévu pour agrandir des écoles
Photo d'archives Sébastien St-Jean

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Québec devra injecter plus d’argent que prévu pour la construction de nouvelles classes dans le réseau scolaire, en raison du contexte de «surchauffe» qui fait grimper les coûts, affirme la Fédération des commissions scolaires.

Dans un mémoire présenté mardi à l’Assemblée nationale, la Fédération a notamment réclamé une «enveloppe budgétaire nationale» qui servira à financer les «imprévus majeurs», puisque les coûts de construction et de rénovation sont déjà plus élevés que prévu.

Dans des commissions scolaires, dont celle de Laval, les coûts de construction ont déjà augmenté de 30% par rapport à l’estimation initiale, en raison de la hausse des coûts de matériaux et de la pénurie de main-d’œuvre.

Québec prévoit que d’ici cinq ans, l’offre de maternelle 4 ans pour tous entraînera la construction de 1300 nouvelles classes, en plus des locaux à construire dans les nombreuses écoles où le manque d’espace cause bien des maux de tête présentement.

Le nombre de classes à construire pour la maternelle 4 ans pourrait par ailleurs être plus élevé que prévu, puisque tous les locaux disponibles ne pourront être convertis pour accueillir des tout-petits, a précisé le président de la Fédération, Alain Fortier.

«Ça va coûter très cher», a-t-il laissé tomber.

La Fédération a par ailleurs souligné que les budgets accordés pour l’ajout d’espace dans le réseau scolaire restent encore insuffisants pour répondre aux besoins «actuels et futurs» des commissions scolaires, malgré l’investissement additionnel de 1,9 milliard $ prévu par Québec d’ici 10 ans.

M. Fortier a par ailleurs précisé que l’objectif de Québec devrait d’abord être d’offrir la maternelle 4 ans aux enfants qui ne fréquentent pas un service de garde éducatif, afin de leur offrir davantage de stimulation.

Le gouvernement «se trompe de cible» s’il ne priorise pas l’offre de service pour ces tout-petits, précise M. Fortier, qui presse le gouvernement de «prendre le temps de bien faire les choses».

La Fédération réclame un plan de déploiement précis, afin de mieux cerner les besoins des parents et de leurs enfants.

Main tendue

Les commissions scolaires se disent par ailleurs prêtes à travailler main dans la main avec le réseau des services de garde - qui ne doit pas être «fragilisé», mais plutôt «enrichi» - et réclame davantage de complémentarité dans l’offre de service.

Un peu plus tôt dans la journée, l’Association des centres de la petite enfance (AQCPE) a aussi affirmé «tendre la main» au gouvernement afin de travailler conjointement à identifier les besoins des enfants, en collaboration avec le réseau scolaire.

Le déploiement des maternelles 4 ans doit se faire selon les besoins, et non selon les locaux disponibles dans les écoles, a plaidé sa directrice générale, Geneviève Bélisle.

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L’AQCPE a aussi plaidé pour l’élaboration d’une politique nationale sur la petite enfance, pour que tous les acteurs concernés travaillent ensemble dans un même objectif, une suggestion qui a été jugée «intéressante» par le ministre Roberge.

Monique Brodeur, qui était jusqu’à tout récemment doyenne à la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM, a de son côté affirmé que la maternelle 4 ans était un projet de société «vital» pour améliorer la réussite scolaire au Québec. Cette spécialiste de la prévention des difficultés d’apprentissage en lecture est venue témoigner de l’impact de la maternelle 4 ans, qui a d’abord été mise en place dans le cadre d’un projet-pilote à l’école Saint-Zotique, à Montréal, à la fin des années 2000.

En fin de journée, des représentants d’une école primaire de Toronto ont témoigné du succès de l’implantation de la maternelle 4 ans dans leur établissement. Ces élèves arrivent beaucoup mieux préparés en première année. Leur taux de réussite aux examens provinciaux en lecture est passé de moins de 20% à plus de 70%, grâce à leur entrée à l’école hâtive.