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Peine imposée à Bissonnette: la communauté musulmane respectera le choix de la Couronne de faire appel ou pas

Peine imposée à Bissonnette: la communauté musulmane respectera le choix de la Couronne de faire appel ou pas
Photo Jean-Francois Desgagnés

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QUÉBEC – Après s’être dits consternés il y a deux semaines lors de l’annonce de la peine imposée au tueur de la grande mosquée de Québec, la jugeant insuffisante, les dirigeants de la communauté islamique disent maintenant qu’ils respecteront la décision du DPCP de faire appel de la décision ou non.

«Nous prenons acte de la sentence et nous respectons le système de justice de notre pays; Nous respecterons la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales de porter ou pas le jugement en appel; Nous souhaitons tout simplement reprendre la vie normale et protéger nos enfants, et que la quiétude s’installe pour tous», peut-on lire dans un message affiché sur la page Facebook du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), dimanche soir.     

Cette déclaration contraste avec ce qu’avait dit notamment le président du CCIQ devant les journalistes le 8 février dernier, quelques minutes après que le juge François Huot eut annoncé qu’Alexandre Bissonnette était condamné à passer 40 ans derrière les barreaux avant de pouvoir demander une libération conditionnelle.     

«Nous sommes dans la consternation et la surprise totales. Sincèrement, on est complètement estomaqués», avait dit M. Benabdallah, alors entouré de plusieurs membres de la communauté musulmane, dont des survivants de la tuerie.     

Dimanche, dans son message sur Facebook, la direction du Centre culturel islamique, un organisme qui comprend la grande mosquée de Québec, a ajouté qu’elle demande «aux gouvernements du Québec et du Canada, par les décisions qu’ils prendront en ces jours de grande tension sociale, face à des promesses et à un équilibre fragile, de veiller en premier lieu à la paix et à la sérénité de notre société».     

Le CCIQ demande également aux gouvernements de demeurer inclusifs et de prendre tous les moyens «afin qu’il n’y ait pas de place ni aux types d’armes à feu qui ont tué et blessé ici et là des citoyennes et des citoyens innocents [...], ni aux actes haineux contre quiconque de notre société».     

Les faits saillants du procès  

  • «Une sentence dépassant l’espérance de vie aurait un caractère absurde», a dit le juge François Huot. Cette peine «exemplaire» est rendue «de manière à décourager ceux qui, partageant votre vision sectaire, ambitionneraient de suivre vos traces», a aussi écrit le juge. 
  • «L’objectif de dissuasion n’est pas atteint», a réagi l’administrateur du CCIQ Mohamed Labidi au lendemain du verdict. 
  • La grande préméditation, la violence débridée et la vulnérabilité des victimes sont entre autres les facteurs aggravants de la peine. 
  • L’état mental de l’accusé a été retenu comme facteur atténuant. 
  • Le jugement qui devient loi a été qualifié d’«historique» par plusieurs juristes.