/opinion/blogs/columnists
Navigation

Place au «Combine» de la NFL!

Le Journal en direct à Indianapolis

Saquon Barkley, alors qu'il courait le 40 verges l'an dernier au «Combine».
Photo d'archives AFP Saquon Barkley, alors qu'il courait le 40 verges l'an dernier au «Combine».

Coup d'oeil sur cet article

Le «Combine» de la NFL, c’est en quelque sorte la saison du repêchage qui prend officiellement son envol. L’événement présenté à Indianapolis depuis 1987 est devenu énorme pour la ligue et c’est l’occasion pour plusieurs équipes d’observer les espoirs à l’œuvre dans différents tests athlétiques, mais aussi de passer leur vie au peigne fin dans le cadre de plusieurs entrevues individuelles.

Je couvre l’événement encore cette année pour le compte du Journal de Québec et du Journal de Montréal, en direct d’Indianapolis. D’un point de vue médiatique, c’est aussi une occasion en or de parler avec plusieurs des 337 joueurs invités, en plus d’obtenir les nouvelles fraîches des entraîneurs et directeurs généraux des 32 équipes. Aucun événement ne rassemble autant de beau monde!  

À compter de vendredi, les premières évaluations physiques auront lieu, mais mercredi, les dirigeants des équipes seront disponibles et dès le lendemain, ce sera au tour des joueurs de défiler devant micros et caméras.   

Question de se mettre en appétit, voici 10 éléments à surveiller en cette semaine du «Combine», qui prendra fin lundi prochain.  

1. Kyler Murray sous la loupe  

Le joueur qui risque de faire le plus parler de lui est le quart-arrière Kyler Murray (Oklahoma), pour plusieurs raisons. Repêché en première ronde (neuvième) par les A’s d’Oakland au baseball majeur, Murray a récemment révélé ses intentions de se concentrer sur le football, mais plusieurs doutent encore de sa motivation réelle. Est-ce simplement une façon de forcer les A’s à lui consacrer un plus gros magot? Est-ce qu’il dictera ses conditions aux clubs de la NFL? Comment se comportera-t-il devant les médias après quelques entrevues pour le moins échevelées durant la semaine du Super Bowl? Et au-delà des tests physiques, Murray sera épié plus que quiconque en ce qui a trait à ses mensurations. Son petit gabarit sera le sujet de l’heure, malgré ses prouesses athlétiques évidentes. On sait déjà qu’à 5 pi 9 po, plusieurs doutent de lui. Reste à voir s’il pourra faire osciller la balance à 200 livres. Même l’étendue de ses mains deviendra un sujet chaud. Oui, c’est à ce point pointilleux, le «Combine»!   

2. Pas une grande cuvée  

En plus de Murray, quelques autres quarts-arrières joueront leur rang de sélection au repêchage lors du «Combine». Dwayne Haskins (Ohio State) est perçu par plusieurs comme le joueur le plus fiable à sa position dans une cuvée jugée plutôt faible. Le bras de Drew Lock (Missouri) en séduit plus d’un, mais on ne peut en dire autant de sa prise de décision. Daniel Jones (Duke) mise sur la précision, mais certains émettent des doutes sur la puissance de son bras ou sa personnalité réservée. Jared Stidham (Auburn) a vu ses statistiques perdre du lustre à sa dernière saison, mais certains évaluateurs le considèrent comme le quart le plus précis de cette cuvée, sauf en zone profonde. Bref, il y a plusieurs points d’interrogation. Rappelons qu’en 2017, plusieurs évoquaient une faible cuvée de quarts-arrières et deux ans plus tard, les choses regardent plutôt bien pour les Patrick Mahomes, Deshaun Watson et Mitchell Trubisky de ce monde!  

3. Et les Cardinals repêchent...  

Selon toute vraisemblance, les Cardinals, détenteurs du premier choix au repêchage, jetteront leur dévolu sur l’ailier défensif Nick Bosa (Ohio State). Sauf que le nouvel entraîneur-chef Kliff Kingsbury avait déclaré en octobre dernier, lorsqu’il était toujours entraîneur à Texas Tech, que s’il en avait la possibilité dans la NFL, il repêcherait le quart Kyler Murray avec le premier choix. Quelle ironie de le savoir avec le premier choix entre les mains quelques mois plus tard! Sauf que les Cardinals ont repêché un quart-arrière en première ronde au dernier repêchage en Josh Rosen. Il serait donc étonnant que Kingsbury fasse ouvertement la cour à Murray lors de ses obligations médiatiques au «Combine». Chacun de ses mots sera décortiqué.  

4. Pas de Saquon Barkley  

Dans les dernières années, des porteurs de ballon qualifiés de talents rares ont obtenu la cote dans les premiers rangs au repêchage, qu’il s’agisse d’Ezekiel Elliott, Leonard Fournette ou Saquon Barkley. Dans le cas de Barkley, on parlait même d’un talent générationnel. Cette année, les porteurs ne font pas autant saliver. Mis à part Josh Jacobs (Alabama), qui sortira visiblement en première ronde, il semble que les autres trouveront davantage preneurs dans les rondes suivantes. On parle d’une profondeur intéressante, sans un nom magique à la Barkley, cette fois-ci. Mais bien sûr, tout peut changer rapidement avec de bons tests physiques. Les David Montgomery (Iowa State), Devin Singletary (Florida Atlantic), Darrell Henderson (Memphis) et Justice Hill (Oklahoma State), pour ne nommer que ceux-là, joueront gros.   

5. Intrigants receveurs  

Le constat est plutôt le même chez les receveurs de passes. Marquise Brown (Oklahoma) se remet d’une blessure au pied et ne sera pas en mesure de courir au «Combine», mais devrait tout de même sortir assez tôt en première ronde. Le duo d’Ole Miss formé de DK Metcalf et AJ Brown pourrait aussi sortir dès le premier tour. Les receveurs, bien souvent à tort, deviennent parfois surévalués ou dévalués à la suite de tests physiques au «Combine». Les équipes ont beau dire haut et fort que les vidéos de matchs et les entrevues influencent davantage que les tests, mais un chrono sous les 4,4 secondes sur 40 verges semble modifier bien des perceptions.  

6. Le prochain «Gronk»?  

Ceux qui apprécient les ailiers rapprochés devraient être servis cette année avec plusieurs athlètes de qualité qui devraient trouver preneurs assez tôt. Dans le lot, on risque d’entendre énormément parler de TJ Hockenson (Iowa), un athlète doté de bonnes qualités athlétiques et qui se veut aussi un bloqueur dominant. Il n’en fallait pas plus pour que certains osent le comparer à Rob Gronkowski. Minute, avant de sauter aux conclusions! Les véritables «Gronk» sont en effet une denrée rare, mais Hockenson est à ce point respecté que plusieurs le considèrent comme LA valeur sûre du repêchage. Son coéquipier Noah Fant n’est pas forcément aussi complet, mais ses aptitudes physiques risquent d’en faire une véritable vedette du «Combine», comme l’avait été Evan Engram (Giants) il y a quelques années.  

7. Le front défensif à l’honneur  

Cette année, il ne fait aucun doute que les joueurs de ligne défensive ont la cote. Non seulement Nick Bosa risque d’être le premier élu, mais plusieurs autres ailiers et plaqueurs se bousculeront aux portillons en première ronde. Parmi les joueurs qui risquent de se faire remarquer au «Combine» parce qu’ils sont reconnus pour les prouesses athlétiques, surveillez Josh Allen (Kentucky), Rashan Gary (Michigan) et Ed Oliver (Houston). D’autres excellents prospects défensifs sortiront évidemment du lot, mais 2019 est l’année de la ligne défensive.  

8. Le fameux «40 verges»  

Le sprint de 40 verges, c’est un peu l’épreuve reine du «Combine». Beaucoup trop de monde y accorde beaucoup trop d’importance, mais que voulez-vous, les chronos du 40 verges ont le don de fasciner... En 2017, le receveur John Ross avait fait tout un tabac en établissant le record avec un temps de 4,22 s. Sa vitesse lui avait valu d’être repêché au neuvième rang par les Bengals... qui s’apprêtent apparemment à l’échanger deux ans plus tard! Comme quoi il faut prendre ce test avec un grain de sel. Oui, la vitesse est un facteur important, mais bien plus la vitesse en situation de jeu avec un équipement sur le dos que celle en shorts dans un environnement contrôlé. Tout de même, trois noms à surveiller à ce chapitre, juste pour le plaisir : le receveur Andy Isabella (Massachusetts), le receveur Emanuel Hall (Missouri) et le demi de coin Kendall Sheffield (Ohio State).  

9. Une nouvelle chaise  

Depuis de nombreuses années, l’analyste considéré comme l’un des plus grands gourous du repêchage était Mike Mayock, qui besognait comme pas un autre sur les ondes de NFL Network. Depuis quelques semaines, il occupe maintenant le rôle de directeur général des Raiders. Incidemment, les Raiders détiennent 10 choix au repêchage, dont trois en première ronde (choix 4, 24 et 27). Au sein de l’organisation, l’entraîneur-chef Jon Gruden est celui qui détient le plus de pouvoir, mais l’opinion de Mayock est respectée. Il sera intéressant de le voir devant les médias dans son nouveau rôle.  

10. Un dénouement pour Antonio Brown?  

Il serait étonnant que les Steelers échangent Antonio Brown durant le «Combine» puisqu’ils auront d’autres chats à fouetter à Indianapolis avec des tas de jeunes espoirs à épier. Toutefois, le «Combine» est comme un gros congrès des bonzes des 32 équipes de la NFL et c’est souvent là que les tractations pour les plus gros échanges débutent. Le directeur général Kevin Colbert discutera sans doute avec certains de ses homologues pour évaluer la valeur sur le marché de son mercuriel receveur. Les Giants pourraient aussi tendre l’oreille après quelques bières au sujet d’Odell Beckham Jr...  

Suivez-moi au «Combine» dans Le Journal, sur notre site web et sur Twitter (@SCadoretteJDQ).