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Plan libéral: les conservateurs dénoncent l'aide accordée aux médias

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Photo Chris Wattie / Agence QMI

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OTTAWA | Les conservateurs fédéraux s'en sont pris jeudi au plan libéral d'octroyer 600 M$ en aide aux médias canadiens, accusant notamment le gouvernement libéral d'«acheter les médias» pour de se bâtir une «machine de propagande».   

Le gouvernement Trudeau a «créé une caisse noire ("slush fund") de 600 millions de dollars afin d'inciter les journalistes à favoriser ce gouvernement lors des prochaines élections. Qu'avons-nous comme garantie qu'ils n'utiliseront pas cette caisse noire comme une gigantesque machine de propagande pour le parti libéral», s'est enquis le député conservateur de Carleton Pierre Poilièvre aux communes.   

La veille, le gouvernement Trudeau avait profité de son énoncé économique de l'automne pour annoncer trois mesures d'allègement fiscal pour les médias. Il s'agit d'une aide de près de 600 M$ sur cinq ans pour les médias d'information qui vivent de graves difficultés financières.   

Ces 600 M$ ont été le thème récurrent des attaques conservatrices en période de questions jeudi, ainsi que sur les réseaux sociaux.   

Tom Kmiec, député conservateur de Calgary, a comparé l'aide aux médias à du «bien-être social» pour les entreprises. «Pourquoi le gouvernement essaie d'acheter les médias en pleine année électorale ?» s'est-il écrié aux Communes.   

La députée Michelle Rempel a été particulièrement virulente sur les réseaux sociaux. Elle a annoncé la mort de la liberté d'expression, conséquence directe de cette aide. «Au Canada, la plupart des reportages devront porter l'étiquette "contenu sponsorisé - Trudeau"», a-t-elle écrit sur Twitter.   

En Chambre, nombreux étaient les députés conservateurs à se lever pour parler de médias achetés, soudoyés, etc.   

Théorie du complot  

«Cette théorie du complot est une insulte à l'intelligence des Canadiens et au professionnalisme des journalistes. Les conservateurs pensent que les journalistes peuvent être achetés, mais pas nous. Leur travail est absolument essentiel à notre démocratie», a rétorqué Andy Fillmore, secrétaire parlementaire du ministre du Patrimoine.  

Il a souligné que plusieurs pays, dont la France, la Suède, l'Allemagne, la Grande-Bretagne ont eux aussi mis en place des mesures de soutien au journalisme. Il a assuré que la façon dont seront octroyés les fonds annoncés assurera le maintien de l'indépendance journalistique.   

 «Le journalisme indépendant est un pilier de notre démocratie, même si les conservateurs ne sont pas d'accord avec ça. Les journaux canadiens traversent une crise présentement. Ils emploient des dizaines de milliers de Canadiens et c'est seulement la moitié de ceux qui étaient employés en 2010, a lancé le libéral aux Communes. Les conservateurs semblent avoir un réel problème avec les journalistes et la vérité.»   

Le néo-démocrate Pierre Nantel a salué l'aide, mais souligné qu'elle était à côté de la plaque. Il faudrait s'attaquer aux géants du web comme Facebook et Google qui siphonnent les revenus publicitaires des médias professionnels, sans avoir à produire de contenu.