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Prison à vie pour celle qui a noyé son fils

Une mère en dépression majeure n’acceptait pas d’être séparée de son enfant une semaine sur deux

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TROIS-RIVIÈRES | Une mère en dépression a noyé son enfant de deux ans dans le bain, car elle n’acceptait pas d’en être séparée une semaine sur deux, a-t-on appris mercredi lorsqu’elle a été condamnée à la prison à perpétuité.

Marie-Lou Beauchamp Filion, 42 ans, a reconnu en larmes avoir tué son fils au palais de justice de Trois-Rivières, mercredi.

Plusieurs membres de la famille du père de l’enfant ont ensuite lu des lettres crève-cœur au juge Carl Thibault, qui a condamné la mère à l’emprisonnement à perpétuité pour meurtre non prémédité, avec une possibilité de libération conditionnelle après 13 ans et demi.

Prison à perpétuité

Le soir du 1er septembre 2017, la mère de famille sans antécédents judiciaires ne s’est jamais présentée pour l’échange de garde de Luca Cuscuna. Devant son absence, le père de l’accusée est allé vérifier à la demeure de la femme.

Luca Cuscuna
Photo courtoisie
Luca Cuscuna

Il l’a retrouvée somnolente dans le bain, le corps inerte de son fils dans les bras. Après avoir noyé son garçon, elle a tenté de mettre fin à ses jours en consommant des médicaments et du vin rouge, mais a survécu.

Marie-Lou Beauchamp Filion souffrait de dépression majeure. Quand elle a retrouvé sa lucidité, elle a répété aux enquêteurs qu’elle voulait mourir, en pleurant énormément, selon son avocate, Pénélope Lemay Provencher. Elle a également dit qu’elle ne supportait pas d’être séparée de son fils une semaine sur deux, et qu’elle voulait l’avoir avec elle pour toujours.

Près de deux ans plus tard, Marie-Lou Beauchamp Filion n’a pas encore quitté l’hôpital où elle est détenue, mais sera envoyée sous peu dans un pénitencier fédéral.

Réactions partagées

« Je sais que tu aimais Luca énormément. On l’aimait tous les deux », a dit le père de l’enfant, en larmes devant le juge.

Jason Cuscuna, le père de Luca, à la sortie de la salle d’audience mercredi.  
Photo Amélie St-Yves
Jason Cuscuna, le père de Luca, à la sortie de la salle d’audience mercredi.  

D’autres ont été moins tendres.

« Marie-Lou, tu as brisé ma vie. Je ne verrai jamais Luca grandir et devenir un homme », a dit le grand-père paternel de la victime, Dominic Cuscuna.

« Est-ce que ça fait du sens que j’aille visiter mon neveu au cimetière ? » a lancé Nadia Cuscuna, une tante de l’enfant.

Les membres de la famille n’ont pas voulu commenter la sentence, mais ils étaient à la fois soulagés et déçus, selon Darlene Ryan, de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues. Soulagés du plaidoyer de culpabilité, déçus que le juge fixe une possibilité de libération conditionnelle après seulement 13 ans et demi.