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Quand c'est la «gauche» qui dérape...

Doit-on être plus complaisant quand la violence, quand l’intimidation origine de la gauche?

Quand c'est la «gauche» qui dérape...
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

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Doit-on être plus complaisant quand la violence, quand l’intimidation origine de la gauche? 

On s’indigne et on s’émeut, avec raison, des dérives de l’extrême droite. Des groupes qui propagent cette idéologie délétère sont sous la loupe des autorités; pour les condamner comme il se doit, on ajoute certains de ces propagateurs à la liste des « organisations terroristes ».  

Je le répète, il faut combattre ceux qui agissent au nom de ces idées extrémistes. Sans nuances.  

Quand c'est la «gauche» qui dérape...
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Quand c’est la gauche qui dérape... 

On le sait, il ne manque pas de monde pour monter à la barricade de l’indignation quand il est question de condamner l’extrême droite. Toutefois, quand c’est l’extrême gauche qui dérape, les réactions sont plus mitigées.  

J’irais même jusqu’à dire que l’extrême gauche jouit, dans certains milieux de la bien-pensance, d’une sympathie qui s’exprime par le silence. Un silence qui prend des allures de complaisance.  

La journaliste Robyn Urback de la CBC l’avait fait remarquer , l’été dernier, quand des antifas avaient violemment agressé un journaliste de groupe Sun News :  

« Pardonnez-moi d'employer une technique rhétorique un peu simpliste ici, mais c'est peut-être encore le meilleur moyen de bien marquer l’ironie de la situation : si ces manifestants avaient été des fanatiques de droite et que le journaliste avait travaillé pour une organisation de presse plus centriste ou de gauche, on aurait déjà tellement traité, parlé, opiné à propos de cet incident que ce serait déjà une vielle nouvelle. » 

En passant, pour ceux qui diraient « on sait bien, Sun news est une organisation de presse qui sème la division », etc. (comme on le fait ici pour banaliser les appels à la violence contre mes collègues Bock-Côté, Durocher, Martineau, et tant d’autres, car ils oeuvrent chez Québecor) la journaliste Urback offre cette réponse :  

« Les critiques du Sun insisteront sur le fait que ce scénario est différent en ce que le Toronto Sun attise la division politique. Mais pour mémoire, la victime était le photographe du Sun, Stan Behal, qui est un vétéran du monde de la presse dont la réputation est sans tache et dont on vante le professionnalisme. Mais même si ce n'était pas le cas; utilisez vos mots, pas vos poings... » 

Le titre du texte de Robyn Urback dit tout, « Un journaliste canadien a été violemment attaqué en faisant son travail, cela devrait être une nouvelle d’importance ». 

Ça ne l’a pas été.  

Quelques semaines auparavant par contre, quand des membres du groupe d’extrême droite Atalante ont investi les locaux du média Vice à Montréal afin d’intimider ceux qui avaient fait un reportage peu flatteur du groupe, l’indignation avait été généralisée.  

Avec raison. On ne badine pas avec la liberté de presse et la violence envers les journalistes.  

La double mesure dans l’indignation était manifeste.  

Quand c'est la «gauche» qui dérape...
AFP

Quand l’extrême gauche attaque (ou appelle à attaquer) des journalistes... 

Le 29 juin dernier, un journaliste de Portland en Oregon, Andy Ngo, a été brutalement attaqué par plusieurs membres de groupes antifascistes. Ce journaliste était la cible d’appels à la violence depuis plusieurs mois. Et c’est samedi dernier que les antifas ont tenté de lui faire la peau. 

Rappel des faits par l’équipe éditoriale de Quillette, le média où travaille Ngo :  

« Les malfrats antifascistes qui ont attaqué l'éditeur de Quillette et photojournaliste Andy Ngo n'ont pas tout à fait réussi à lui fracasser le crâne. Mais ils ont réussi à provoquer une hémorragie cérébrale qui a nécessité son hospitalisation. [...] 

Quand c'est la «gauche» qui dérape...
AFP

Andy Ngo est un est homme à la voix douce aux airs d’un elfe. Il est également le fils homosexuel d’immigrants vietnamiens - des détails saillants, compte tenu des slogans absurdes des groupes antifas qui visent à briser le patriarcat et la suprématie blanche hétéronormative. Comme des écoliers issus de Lord of the Flies, ces révolutionnaires de salon se promènent, s'imaginant être des héros traquant la grande bête du fascisme. Mais lorsque cette bête s'avère insaisissable, ils acceptent volontiers de plutôt frapper des journalistes, de harceler des personnes âgées ou encore de s’en prendre physiquement à des quidams de manière aléatoire. [...] 

Ce portrait est révélateur, car il rappelle les motivations fondamentales de nombreux membres de groupes antifascistes, qui semblent consister à se glorifier en tant que combattants de la liberté sur les médias sociaux et à réduire au silence quiconque conteste leur discours présomptueux. Ce qui nous amène à la raison pour laquelle ces militants antifascistes désirant tant tabasser notre collègue Andy Ngo, un résident de Portland, dont une partie du travail a consisté à révéler le vrai visage du mouvement antifasciste. Ces brutes l'ont attaqué pour la simple raison qu'il a contesté leur propagande idéologique - une tactique des antifas que tout vrai fasciste saurait reconnaître et applaudirait . [...] 

Nous espérons également que nos collègues journalistes reconnaitront l'illusion que le mouvement antifa est un groupe bien intentionné, aux prises avec quelques pommes pourries qui souillent la cause . [...] 

Mais cela sera assurément difficile, comme le montre le travail de la journaliste Anna Slatz du média The Post Millennial. Celle-ci a rassemblé une liste d'éminents journalistes plus « libéraux » qui ont réagi à l'agression vicieuse contre Ngo par un ricanement sournois ou, pire, une franche célébration. Un journaliste du média Vox, Carlos Maza, a même applaudi à la pratique consistant à agresser les gens avec des « milkshakes », comme ceux utilisés pour blesser Ngo.  

N’oublions pas que ce sont les mêmes personnes qui réagiraient (à juste titre) avec des hurlements d’indignation si un journaliste était agressé par des manifestants de droite. Et il est consternant que quiconque dans notre secteur veuille excuser la violence contre un journaliste en raison de son orientation politique. » 

Au Québec, j’ai constaté à plus d’une reprise que des militants sympathisants de groupes antifascistes ont encouragé le fait de s’en prendre physiquement (notamment pas la tactique du « milkshake », laquelle est dangereuse quand le lait frappé est remplacé par du ciment à prise rapide comme ce fut le cas à Portland) à des journalistes critiques de l’extrême gauche en général et des antifas en particulier. Parlez-en à Richard Martineau, Lise Ravary, Sophie Durocher pour ne nommer que ces personnes-là.  

La complaisance envers les groupes d’extrême gauche doit cesser. Quand ceux-ci font du vandalisme, brûlent des véhicules ou usent de violence dans leurs manifestations, cela doit être dénoncé. Car ce qui s’est produit à Portland ou encore à Toronto pourrait très bien arriver ici aussi. Nous ne sommes pas à l’abri d’une telle violence.  

Quand c’est l’extrême droite qui dérape, on ne lésine pas sur l’indignation. Avec raison. Il est grand temps que nous fassions de même quand c’est l’extrême gauche qui « terrorise »...