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Russie: un militant septuagénaire condamné à 25 jours de prison

Drapeau Russie
Photo Archives / Agence QMI

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Un tribunal russe a condamné mercredi un militant des droits de l’Homme russe âgé de 77 ans à 25 jours de prison pour avoir appelé à protester contre ce qu’il qualifie de répressions croissantes des jeunes en Russie.  

Lev Ponomariov, dirigeant du mouvement « Pour les droits de l’Homme », a été condamné pour violations répétées de la loi sur les manifestations de masse, a indiqué à l’AFP une porte-parole du tribunal Tverskoï de Moscou.  

Pour sa part, le militant a accusé les services secrets russes (FSB) d’être derrière son incarcération.  

« Ils se vengent de moi parce que je fais la guerre au FSB », a assuré M. Ponomariov à l’AFP par téléphone.  

« Le pays va progressivement vers des répressions politiques de masse, comme en 1937 », a-t-il estimé, en faisant référence aux purges staliniennes.  

Dans un communiqué, le mouvement « Pour les droits de l’Homme » a dénoncé son arrestation et condamnation comme « tout à fait illégale », en estimant qu’une telle mesure avait pour objectif d’empêcher le militant de participer aux préparatifs d’une autre importante manifestation de l’opposition prévue mi-décembre.  

Fin octobre, Lev Ponomariov a appelé publiquement les Russes à participer à une manifestation non autorisée à Moscou pour protester contre les poursuites visant des jeunes soupçonnés de terrorisme.  

Dix-huit personnes ont alors été arrêtées pour participation à cette manifestation, qui a eu lieu près des locaux du FSB, l’héritier du KGB soviétique.  

Les manifestants ont dénoncé le cas de plusieurs jeunes, dont des adolescentes, accusés d’avoir créé « une organisation extrémiste » qui a été infiltrée par des agents des services de sécurité.  

L’ONG Amnesty International a appelé à « libérer immédiatement et sans condition » Lev Ponomariov, « l’un des piliers du mouvement des droits de l’Homme en Russie ».  

Pour sa part, Mikhaïl Fedotov, le président du Conseil consultatif pour les droits de l’Homme auprès du Kremlin, a exprimé son « indignation » après cette condamnation, en soulignant espérer que la justice russe revienne sur cette « décision inexplicable ».