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Secteur Bellechasse: un terrain public revendiqué pour les citoyens

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MONTRÉAL – Des résidents et des groupes communautaires du quartier La Petite-Patrie, à Montréal, souhaitent qu’un terrain public situé près de la station de métro Rosemont soit aménagé pour combler les besoins des citoyens du secteur, qui peinent à se loger.  

«On veut garder public le terrain de la STM qui va être bientôt disponible, et le garder pour la communauté», a affirmé Martin Blanchard du Comité logement de La Petite-Patrie, lors d’un point de presse mercredi.  

Le terrain, situé entre le boulevard Rosemont et la rue Bellechasse, pourrait selon ces groupes accueillir 800 logements sous forme de coopératives et d’organismes d'habitation à but non lucratif, des espaces verts et de loisirs, des infrastructures liées à l’enfance et à l’éducation ainsi que des commerces de proximité abordables.  

L’endroit héberge entre autres des garages de la Société de transport de Montréal (STM), que la réorganisation des centres de transport ne rendra plus nécessaires.  

Selon Philippe Rouleau, coordonnateur du Regroupement des tables de concertation de La Petite-Patrie, plusieurs besoins doivent être comblés pour la population.  

«Avec notre plan d’aménagement, on souhaite vraiment avoir un quartier complet pour favoriser une belle mixité sociale qu’on croit qui est en danger aujourd’hui», a indiqué M. Rouleau.  

Les organisateurs de l'événement ont demandé un «engagement clair» des élus en lançant la campagne nommée «Une Bellechasse gardée pour...».  

Loyers «hors de prix»  

Les hausses des loyers et la perte des logements locatifs affecteraient particulièrement ce quartier, prisé par les promoteurs immobiliers.  

«Il y a une hausse de loyers et on perd beaucoup de logements locatifs, qui sont transformés en condos et en Airbnb. C’est pour ça qu’il y a une crise du logement», a avancé M. Blanchard.  

À la lumière du portait de quartier réalisé pour le Regroupement des tables de concentration de La Petite-Patrie, 50 % des ménages sont constitués de personnes seules et 36 % des familles sont monoparentales.  

«La majorité des personnes de La Petite-Patrie ont un revenu de moins de 33 714 $, on ne peut pas avec ça se payer un condo ou se louer un logement avec un loyer à 1500 $ par mois», a-t-il ajouté.  

Raphaëlle Thernier a constaté le coût élevé des loyers lorsqu’elle a été dans l’obligation de quitter son quartier des 16 dernières années. La mère de deux enfants et son conjoint ont été évincés pour une reprise de logement avant Noël.  

Malgré son désir de rester, la famille s’est résolue à quitter vers la ville liée de Sainte-Anne-de-Bellevue, dans l'ouest de l'île de Montréal, faute de logements abordables. «Les loyers étaient hors de prix, c’était juste inaccessible», a-t-elle raconté.