/opinion/blogs/columnists
Navigation

SNC-Lavalin: un pion politique?

L'«affaire» SNC-Lavalin sera-t-elle le Waterloo politique du premier ministre Justin Trudeau?

POL-SNC-ENQUæTE
Capture d'écran, Global News L’affaire SNC-Lavalin continue d’embêter Justin Trudeau, que l’on voit en point de presse, mercredi à Sudbury, en Ontario.

Coup d'oeil sur cet article

En cette année électorale au fédéral, l’entreprise québécoise SNC-Lavalin est devenue un pion politique parmi tant d’autres. Après tout, chaque scrutin est un jeu d’échecs. Le combat entre le premier ministre libéral Justin Trudeau et le chef conservateur Andrew Scheer ne fait pas exception. 

Si jamais, comme l’allègue le Globe and Mail, il s’avérait que Justin Trudeau a soumis son ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, à des pressions indues pour éviter à SNC-Lavalin un procès criminel pour corruption, l’eau chaude dans laquelle le premier ministre patauge risquerait de lui coûter quelques bonnes couches de peau politique. Par contre, s'il s'avérait que la dite pression ait été exercée par un membre de son entourage - et non pas par le premier ministre lui-même -, la crise politique actuelle serait nettement apaisée. 

La démission surprise cette semaine de Mme Wilson-Raybould rend toutefois la situation plus périlleuse pour M. Trudeau. Les hauts cris scandalisés de M. Scheer n’ont pourtant qu’un seul but : se trouver un nouvel équivalent du scandale des commandites pour épingler les libéraux sur le front sensible de l’éthique.  

Que SNC-Lavalin et ses milliers d'emplois au Québec risquent aussi d’en pâtir si jamais elle est exclue de tout contrat fédéral pour dix ans, semble lui apparaître bien secondaire. 

Cela dit, pas question ici de béatifier SNC-Lavalin pour autant.  

Les nombreux gestes de corruption commis par ses ex-dirigeants, ici et à l’étranger, sont révoltants. Le «ménage» à ses sommets aurait cependant été fait. 

À vrai dire, comme je l'écrivais en chronique, l’ultime reproche que fait Andrew Scheer au premier ministre est d’avoir tenté de trouver une manière de préserver l’avenir de SNC-Lavalin, un géant québécois, par le biais d’un «accord de réparation» au lieu d’un coûteux procès qui pourrait éclabousser la multinationale pour longtemps. Idem du côté du NPD. 

Et si SNC-Lavalin n’était pas une entreprise québécoise?  

M. Scheer aurait-il été aussi prompt à brandir son sabre contre les libéraux au risque d’amocher sérieusement une entreprise ontarienne ou albertaine? Poser la question, comme on dit... 

Pour la galerie, Andrew Scheer, comme Stephen Harper avant lui, fait les beaux yeux intéressés aux électeurs québécois.  

En même temps, il donne l'impression de n'avoir rien à cirer d’une de leurs principales firmes internationales. La chose est à noter.