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Transfert d’une école au réseau francophone : la communauté anglophone inquiète

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La décision du ministre de l’Éducation d’imposer le transfert d’une école anglophone vers le réseau francophone inquiète la communauté de langue anglaise du West Island, qui craint pour le respect de ses droits garantis par la Charte sous le gouvernement Legault.

«Nous avons le droit d’avoir nos institutions, des droits établis dans la constitution. Il semble que le ministre ne voit pas ces droits comme étant importants», estime le président du Quebec Community Groups Network (QCGN), qui représente plus de 50 organismes communautaires de langue anglaise.

Même son de cloche du côté de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec. «On peut penser que c’est un affront à nos pouvoirs de gérer et contrôler nos établissements scolaires», renchérit son directeur général, Russell Copeman.

Le Journal révélait lundi que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, utilisera un pouvoir rarement évoqué dans la Loi sur l’instruction publique pour exiger le transfert de l’école secondaire Riverdale de la commission scolaire Lester-B.-Pearson vers la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB). L’établissement anglophone est seulement utilisé à la moitié de sa capacité, alors que la CSMB déborde en raison de la vague de nouveaux arrivants qui se sont installés dans le secteur.

«Inacceptable»

La décision du ministre Roberge a rapidement été dénoncée. La commission scolaire Lester-B.-Pearson a demandé à Jean-François Roberge de lui accorder plus de temps pour trouver une solution négociée avec la CSMB. Le ministre, écrit-elle dans un communiqué de presse, «contourne» les politiques de la commission scolaire en imposant le transfert unilatéralement.

Russell Copeman, lui, juge l’annonce tout simplement «inacceptable», puisque les deux commissions scolaires négociaient déjà de bonne foi. «Il y avait d’autres solutions sur la table [comme la location d’espace au sein de l’école], souligne-t-il. La décision du gouvernement d’utiliser des pouvoirs exceptionnels dans la Loi sur l’instruction publique nous paraît excessive», dit-il.

Abolition des commissions scolaires

Tant Russell Copeman que Geoffrey Chambers craignent que ce type de décisions unilatérales ne se multiplient lorsque le gouvernement Legault aura transformé les commissions scolaires en centres de services. «Ça présage, je pense, une perte d’autonomie locale et une centralisation des décisions à Québec. Ce qui n’augure pas bien pour notre réseau scolaire», affirme Russell Copeman.

Il ajoute que son organisme examinera «toutes les options à notre disposition» pour contester le transfert unilatéral de l’école Riverdale.

Au Parti libéral du Québec, le porte-parole en matière de relations avec les Québécois d’expression anglaise, Gregory Kelley, reconnaît l’enjeu de surpopulation à la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys mais se dit «déçu» de l’approche du ministre Roberge. «Il n’y a pas eu de consultation des parents ni des acteurs locaux», déplore-t-il.