/sports/fighting
Navigation

UFC 232: Jon Jones est-il vraiment innocent?

Coup d'oeil sur cet article

Jon Jones, récemment libéré d'une suspension de 15 mois pour un test antidopage positif pour lequel il clame son innocence, a forcé l'UFC à déplacer un événement complet de Las Vegas à Los Angeles en moins d'une semaine en raison de deux nouveaux tests positifs. Et l'ancien champion semble loin de faire son mea culpa.  

Depuis juillet 2015, Jon Jones, considéré par plusieurs comme le meilleur combattant livre pour livre de l'histoire, n'a monté dans l'Octogone qu'à trois reprises.     

• À lire aussi: [VIDÉO] UFC: Jon Jones humilie une journaliste en direct  

Samedi, lorsqu'il échangera des coups avec Alexander Gustafsson pour déterminer le nouveau champion des mi-lourds, il mettra fin à une absence de 518 jours. 518 jours qu'il a passé le K.-O. à son rival Daniel Cormier, avant de voir sa victoire annulée pour, vous l'aurez deviné, la présence de stéroïdes dans son corps.     

Cocaïne, conduite avec facultés affaiblies, prise «involontaire» de substances interdites par l'Agence antidopage des États-Unis (USADA), délit de fuite impliquant une collision avec une femme enceinte, la liste de ses faux pas qui l'ont tenu à l'écart est longue. Très longue.     

Pendant un moment, on croyait que «Bones» marchait enfin dans le droit chemin. Que les amateurs, les experts et l'organisation auraient enfin la chance de voir le combattant le plus talentueux de l'histoire vaincre plutôt aisément sa compétition pendant ses meilleures années.     

Du moins, jusqu'à ce que de nouvelles informations sur des tests positifs viennent encore une fois ruiner sa réputation et tout le travail qu'il dit faire pour changer sa vie.     

À six jours de l'UFC 232, une bombe explose: plus tôt cette année, Jones a échoué à deux tests. L'USADA annonce la présence d'une quantité microscopique de turinabol, un stéroïde, dans les résultats.  

Selon les experts, la concentration analysée équivaut à couper un grain de sel en 58 millions de parties et en mettre une dans le corps de Jon Jones. Aucun bénéfice physique et compétitif n'en découlerait.     

Le résultat: le gala est déplacé du Nevada en Californie, puisque la Commission athlétique de cet état connaît mieux le dossier de Jones. Ils peuvent donc lui délivrer un permis, contrairement à celle de l'État voisin.     

Selon ces mêmes scientifiques, Jones n'aurait pas repris de stéroïdes depuis son test échoué en 2017. Il s'agirait plutôt d'une composante chimique libérée à long terme par les tissus adipeux. Un discours qui est évidemment partagé par le principal intéressé.  

AFP

On aimerait bien croire «Bones». Après tout, la communauté des arts martiaux mixtes en entier préférerait le voir en action que sur les lignes de côté.     

Or, la réalité est que ni Daniel Cormier, ni Alexander Gustafsson, pour ne nommer que ceux-là, ont été dans l'eau chaude pour une situation semblable.     

L'ancien champion clame son innocence. Il joue même la victime. «Je suis le rat de laboratoire de l'USADA. Ils vont se servir de mon cas pour améliorer le programme antidopage», dit-il.     

Pourtant, il est défiant et arrogant. Il évite les questions. Il harcèle et humilie les journalistes qui osent le questionner à propos de ses nombreux tests positifs (voir le lien inséré plus haut). On a l'impression que cette nouvelle situation l'amuse, le divertit, ajoute du piquant dans sa vie.     

Selon mes souvenirs, c'est la première fois que j'assiste à un cirque pareil dans le monde du sport. Du moins, dans celui des arts martiaux mixtes. Et je suis ce que l'on pourrait considérer comme un «fan fini».  

Dana White, président de l'UFC
AFP
Dana White, président de l'UFC

S'il n'a rien à se reprocher, pourquoi évite-t-il de répondre aux questions? Ça devrait être plutôt simple de le faire si c'était le cas, non?     

Il ne faudrait pas qu'il oublie que des milliers de fans généralement moins fortunés que lui perdront des milliers de dollars ce week-end, en raison de réservations annulées à Vegas.     

Ses collègues de l'UFC seront d'ailleurs forcés de payer plus de taxes sur le revenu, en raison des réglementations différentes en Californie.  

Mais ce n'est pas grave: ce n'est pas de sa faute!     

Après trois tests échoués et de nombreux événements troublants l'impliquant à l'extérieur de la compétition, on peut se demander:     

Est-ce que Jon Jones est un menteur? Un tricheur? A-t-il vraiment changé? Est-ce que l'UFC ignore vraiment tout?     

Permettez-moi d'en douter.