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Violence et prostitution: «Un calvaire» pour une jeune femme de la région de Québec sous le joug d’un criminel

Une femme de Québec a vécu un énorme soulagement quand il a plaidé coupable

Jonathan Bertrand-Beaulieu a plaidé coupable à certains chef
Le Journal de Québec

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Une jeune femme de la région de Québec raconte avoir vécu « un calvaire » sous le joug de Jonathan Bertrand-Beaulieu, qui est allé jusqu’à publier des photos d’elle pour offrir des services sexuels.  

Lorsqu’Aurélie (prénom fictif) décrit celui qui lui a fait vivre « un cauchemar », elle parle d’un homme «dangereux» et «manipulateur». Paradoxalement, c’est «la beauté» du jeune homme blond aux yeux bleus de Saint-Raymond-de-Portneuf qui l’a charmée.    

Bertrand-Beaulieu, 26 ans, n’est pas un enfant de chœur. Il a déjà écopé d’une peine de 26 mois pour des altercations dans des bars, dont une qui a causé de graves blessures à sa victime.    

Jonathan Bertrand-Beaulieu a plaidé coupable à certains chef
Photo courtoisie

  Le mois dernier, alors qu'un paravent avait été installé entre lui et sa victime, il a plaidé coupable de voies de fait contre Aurélie, d’avoir bénéficié d’un avantage matériel provenant de la prestation de services sexuels, d’avoir fait de la publicité pour offrir des services sexuels moyennant rétribution et de bris de probation.    

Jonathan Bertrand-Beaulieu a plaidé coupable à certains chef
Photo courtoisie

 «Complètement fou»  

La jeune femme dans la vingtaine raconte avoir subi ses « crises de rage » rapidement après leur rencontre. «Il me gueulait après, se remémore-t-elle, attablée au restaurant. Il était complètement fou. Je marchais toujours sur des œufs, je devais faire attention à tout ce que je disais. J’étais complètement en amour avec, mais j’avais pitié de lui.»    

Pendant qu’il était en détention, Aurélie lui a fourni beaucoup d’argent. Elle a décidé de faire de la danse contact, alors que ses économies fondaient.    

Ce sont des milliers de dollars qu’elle raconte avoir remis à l’homme qui lui envoyait des lettres d’amour. Elle croyait en lui, alors qu’il travaillait sur ses problèmes d’impulsivité.    

Photos pour services sexuels  

Mais une fois sortie de prison, «ça a été pire», dit-elle. Lors d’une dispute, il a lancé son sac à main avec force sur un mur, avant de la frapper au visage, a raconté la procureure de la poursuite, Me Mélanie Tremblay.    

Bertrand-Beaulieu a ensuite spécifié en cour par la voix de son avocat, Me Jean-Philippe Lanthier, qu’il reconnaissait l’avoir «poussée», mais pas l’avoir frappée.    

L’accusé est allé jusqu’à publier des photos d’elle sur le web pour offrir des services d’escorte. Il lui disait qu’elle n’aurait rien à faire, qu’ils ne feraient que prendre l’argent.    

Un soir, Bertrand-Beaulieu lui a fourni alcool et cocaïne dans une chambre d’hôtel. Quand Aurélie a refusé de « faire » un client, il l’a violemment poussée dans une garde-robe.    

Grâce à beaucoup d’aide et de soutien – elle qualifie les enquêteurs de ses «anges gardiens» -, Aurélie reprend, lentement, le contrôle sur sa vie, bien qu’elle soit marquée à jamais. «Ça m’a rendue plus forte», témoigne-t-elle.    

Le voir plaider coupable lui a procuré une grande satisfaction. Il a écopé d’une peine de 12 mois assortie d’une probation de trois ans, fruit d’une entente entre les parties. Il lui sera interdit pendant ces trois années de probation de tenter d'entrer en contact avec sa victime.    

Compte tenu de sa détention provisoire, sa peine est déjà purgée, mais puisqu’il est accusé d’agression sexuelle et de voies de fait graves pour un crime allégué commis pendant sa détention, il demeure incarcéré.