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Deux nuits sans électricité et peut-être même une... troisième

L’impatience se fait sentir chez bon nombre d’abonnés frustrés de ne pas savoir quand le courant reviendra

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 La frustration s’est installée chez plusieurs abonnés d’Hydro-Québec mardi, quand ils ont constaté qu’ils seraient sans électricité pendant encore des heures, voire des jours. Pendant ce temps, la Rive-Nord de Montréal était en bonne partie paralysée.  

 « Si c’était une société privée, il y aurait eu des congédiements et des poursuites. Je suis déçu de la façon dont nous sommes traités en tant que consommateurs », s’est plaint Fayça Salek, un abonné qui n’avait pas d’électricité jusqu’à mardi soir.   

 Il était cependant loin d’être le seul.   

 « On n’a plus de courant depuis [lundi] midi. Il faisait 11 °C quand on a quitté la maison », déplorait Ghislaine Bibeau, qui regrettait de ne pas avoir su plus tôt qu’un centre était ouvert aux Lavallois privés d’électricité.   

 Mme Bibeau et son conjoint Pierre Lapointe ont dû se diriger vers le centre communautaire de Lausanne, dans le quartier Vimont, à Laval, pour trouver de la chaleur.   

 « On espère que ça ne durera pas trop. C’est toujours long parce qu’il faut trouver les pannes », explique M. Lapointe, lui-même retraité d’Hydro-Québec.   

 Dans le noir  

 Depuis lundi, la Rive-Nord se trouve plongée dans le noir et le froid, conséquence du verglas et des vents violents.   

 La municipalité de Sainte-Anne-des-Plaines a même décrété l’état d’urgence en après-midi, quand plus de 75 % de sa population était affectée.   

 Mardi soir encore (22 h), 41 840 foyers n’avaient pas d’électricité à Laval, 45 267 dans les Laurentides et 45 955 dans Lanaudière. Ceux-ci faisaient partie des 138 356 abonnés toujours atteints dans la province. Au plus fort de la panne, environ 315 000 clients ont écopé.   

 « Les rebranchements se font au compte-gouttes, soit 1000 à l’heure, en raison du très grand nombre de bris de lignes électriques », a indiqué Sylvain Gariépy, chef de division des opérations du Service des incendies de Laval. Il se dit inquiet de savoir que certaines personnes restent isolées chez elles sans électricité. « On compte sur nos citoyens pour s’informer de la situation de leurs proches », a-t-il dit.   

 Les services d’urgence de toutes les municipalités ont mis tous leurs effectifs à contribution pour répondre aux appels de citoyens. Des centres d’hébergement ont offert nourriture, douches et électricité.   

 Des villes fantômes  

 Pendant ce temps, les rues étaient désertes, sur la Rive-Nord. La différence était notable par rapport à Montréal.   

 « C’était comme la fin du monde. Tout était noir. Il n’y avait plus de vie. Seulement quelques voitures qui partaient, mais vers où ? Tout était fermé. Je ne voyais que des voitures de police », s’est exclamée Claudia Renaud, une résidente de Terrebonne.   

 Des branches d’arbres gisaient aussi de part et d’autre dans le secteur.   

 Par endroit, les rues n’étaient pas déneigées. Plusieurs voitures y étaient embourbées, abandonnées.   

 « Ça me fait peur, tous les arbres sont cassés. J’ai même vu une maison avec le toit défoncé. C’était épouvantable », a soufflé Marie-Soleil Dinelle, une autre citoyenne de Terrebonne.   

Cet arbre mature, qui avait déjà des bourgeons, est tombé sur cette maison de Repentigny, mardi, à cause du verglas.
Photo Simon Dessureault
Cet arbre mature, qui avait déjà des bourgeons, est tombé sur cette maison de Repentigny, mardi, à cause du verglas.

 Les écoles étaient fermées. Certaines le sont encore mercredi. De nombreux commerces avaient également clos leurs portes. Ceux ouverts étaient bondés. Les gens s’y rassemblaient pour profiter de la chaleur et de l’électricité.   

 De surcroît, les déplacements ont été rendus difficiles par la météo mardi. Sur les autoroutes, les véhicules circulaient à bien moins de 60 km/h, créant le chaos. Les feux de circulation ne fonctionnant pas, cela causait des accrochages.   

 Mardi, Hydro-Québec comptait rebrancher la majorité de ses clients d’ici la fin de journée, mercredi. Plusieurs pourraient cependant devoir attendre jusqu’à jeudi.   

 Quelque 350 équipes étaient sur le terrain pour réparer les 800 bris. Les conditions de travail étaient plus complexes que prévu en raison des forts vents et des accumulations de neige.   

 Hydro-Québec a fait appel à des renforts d’Hydro-Sherbrooke et de la Green Mountain Power, du Vermont, afin de rétablir la situation.   

 UN PEU DE REPOS   

 Selon Environnement Canada, les Québécois connaîtront un peu de répit mercredi et jeudi. Mercredi, on prévoit à Montréal un maximum de 3 degrés Celsius avec une alternance de soleil et de nuages, et un dégagement en soirée. Les vents atteindront 15 km/h et le minimum sera de -6 ºC, cette nuit.   

Comme un malheur ne vient jamais seul, c’est la neige qui a nui aux travaux d’Hydro-Québec, mardi, et qui a contribué au chaos sur les routes tout au long de la journée sur la Rive-Nord. Plusieurs feux de circulation ne fonctionnaient pas en raison des pannes d’électricité.
Photo Martin Alarie
Comme un malheur ne vient jamais seul, c’est la neige qui a nui aux travaux d’Hydro-Québec, mardi, et qui a contribué au chaos sur les routes tout au long de la journée sur la Rive-Nord. Plusieurs feux de circulation ne fonctionnaient pas en raison des pannes d’électricité.

 Au pire de la crise   

 Voici à quoi ressemblait la situation lundi soir au pire de la crise. Les chiffres représentent le nombre de pannes et c’est ce qui a causé le gros du problème. Lorsqu’il y a 300 000 abonnés affectés par une seule panne, la situation est beaucoup plus facile à corriger que lorsqu’il y a 1026 pannes (comme mardi soir à 22 h) touchant 138 356 clients.   

Capture d'écran, Hydro-Québec

 ► Près de 315 000 abonnés d’Hydro-Québec ont manqué d’électricité en raison des forts vents et du verglas au pire de la crise.   

 ► Selon les données de 22 h mardi soir, 138 356 clients étaient toujours sans courant à travers le Québec.   

 ► Les régions de Lanaudière, des Laurentides, de Laval, de la Montérégie et de l’Outaouais étaient les plus affectées.   

 – Avec la collaboration de Jonathan Tremblay et Sarah Belisle