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Pas d’inspection malgré 35 enfants intoxiqués

Émanations de monoxyde de carbone dans une école

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La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys n’entend pas faire de vérification générale de ses établissements, même si des émanations de monoxyde de carbone non détectées dans une école primaire de LaSalle ont expédié une quarantaine de personnes à l’hôpital.

Vers 11 h lundi, des dizaines d’élèves de l’école primaire des Découvreurs à LaSalle ont été pris simultanément de maux de tête, de vomissements ou d’étourdissements, semant l’effroi auprès du personnel.

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

« C’était vraiment inquiétant. Les enfants régurgitaient les uns après les autres », a relaté une enseignante qui n’était pas autorisée à s’adresser aux médias.

Évacuation

Les quelque 300 personnes à l’intérieur de la bâtisse de la 35e avenue ont été promptement évacuées vers une autre institution à 400 mètres de là.

Les premiers paramédicaux sur place ont acheminé 16 enfants de 6 à 13 ans et deux adultes dans les centres de santé environnants. En poursuivant les évaluations à l’école Notre-Dame-des-Rapides, 19 autres élèves et six adultes supplémentaires ont été transportés vers les hôpitaux, dont cinq dans un autobus de la STM.

En tout, 43 personnes ont été intoxiquées.

« Il n’y avait pas de perte de conscience ni de risque pour la vie lors de notre intervention », a confirmé Stéphane Smith, porte-parole pour Urgences-Santé qui a utilisé 17 ambulances.

Ils étaient tous dans un « état stable et en observation », a fait savoir l’Hôpital de Montréal pour enfants où la majorité des patients ont été hospitalisés.

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) a rapidement localisé la source du problème : le système de chauffage au gaz naturel défectueux.

Qui dit vrai ?

« Il y avait un détecteur de gaz naturel, mais il n’y avait pas de détecteur de monoxyde de carbone fonctionnel », a soutenu Francis Leduc, chef aux opérations du SIM.

Diane Lamarche-Venne, présidente de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, a pourtant assuré qu’un avertisseur en cas d’émanation de monoxyde de carbone était présent dans l’école. Il avait été inspecté et était censé être en état de marche.

« S’il y avait de l’équipement de sécurité comme cela, mais qui n’a pas fonctionné, je ne me sens pas rassurée », a mentionné Zenita Hachoun, dont la fillette de neuf ans de son conjoint a été touchée.

L’école n’avait aucune obligation d’avoir un avertisseur, même si elle utilise du chauffage par combustion.

École fermée

L’école restera fermée mardi pour réaliser des tests de qualité d’air, « pour être certain que tous soient à l’aise » avec la réintégration, poursuit la présidente.

Le gaz surnommé le « tueur silencieux » parce qu’il est inodore et incolore a fait son chemin dans le bâtiment sans être décelé. L’exposition prolongée aurait provoqué les malaises.

Malgré l’incident, la commission scolaire ne prévoit pas faire de vérifications dans ses autres écoles.

« Ce n’est pas prévu. L’inspection des systèmes de chauffage, on a une équipe dédiée [qui] le fait de façon régulière. S’il y a des directions qui lèvent la main avec des préoccupations, on va le faire », a indiqué Mme Lamarche-Venne.