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Viande canadienne interdite en Chine: «On est la source du problème», selon un ex-ambassadeur canadien

Porc pig
Photo Fotolia

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L’ancien ambassadeur du Canada en Chine Guy Saint-Jacques est d'avis que le Canada «est la source du problème», concernant la décision de la Chine, de fermer ses frontières à la viande canadienne. 

«Malheureusement, je pense qu’on est la source du problème dans ce cas-ci», a-t-il affirmé à l’émission Dess de 11 à 13 sur QUB radio. 

   

  •  ÉCOUTEZ l'entrevue de Guy Saint-Jacques à Dess de 11 à 13  

  

Pour justifier sa décision de suspendre les importations de viandes canadiennes, Pékin évoque de faux certificats vétérinaires garantissant probablement que le porc canadien ne contenait pas de ractopamine, un additif alimentaire interdit en Chine. 

Selon M. Saint-Jacques, des producteurs de porc utilisent ce produit «qui fait croître le porc plus rapidement». 

«Quand j’ai été ambassadeur, c’est un problème qu’on avait eu. Et on avait négocié une entente avec les Chinois, selon laquelle nos producteurs s’engageaient à élever du porc [...] sans utiliser ce produit-là.» 

Aujourd'hui, Ottawa a annoncé enquêter pour déterminer si les faux certificats vétérinaires dont parle la Chine proviennent bel et bien d'une cargaison de porc canadien.  

«Nous ne savons pas d'où ce produit provient», a déclaré le ministre de la Diversification du commerce international, Jim Carr, cité par l’AFP. Il va falloir que quelqu'un prouve qu'il y a un souci avec ce produit et qu'il provient du Canada. Certaines questions restent sans réponse.» 

Tensions diplomatiques 

Les tensions diplomatiques entre le Canada et la Chine provoquées par l'arrestation de la numéro deux du géant chinois Huawei, Meng Wanzhou, pourraient avoir motivé la décision de Pékin, de fermer ses frontières à la viande canadienne. 

«Dans la période de crise actuelle, les Chinois ne toléreront aucun écart, a-t-il souligné. Avant le conflit diplomatique, je pense que ça aurait été possible de négocier une entente avec les autorités chinoises.» 

Cette suspension des importations fera mal aux producteurs québécois et canadiens, qui ont déjà exporté pour environ 240 millions de dollars de porc en Chine cette année, a insisté M. Saint-Jacques. 

«On envoie des pieds de porc et des museaux, et, ça, ça aide beaucoup à rentabiliser les exploitations, parce que ce sont des produits qui ne trouveraient pas preneur autrement», a-t-il expliqué en entrevue avec Vincent Dessureault et Joanie Gonthier. 

L’ex-ambassadeur canadien a appelé Ottawa à durcir le ton. Il propose notamment d’accroître les inspections de produits chinois importés au pays «pour s’assurer, par exemple, que les jouets d’enfants ne contiennent pas de peinture au plomb». 

La situation n’est d’ailleurs pas près de se régler, selon M. Saint-Jacques. Avec l’affaire Huawei, «il faut se préparer potentiellement pour des années de turbulences dans nos relations avec la Chine». 

Avec l'AFP

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