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Vice Québec ferme ses portes

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MONTRÉAL | La branche québécoise du média alternatif Vice Media a annoncé vendredi matin qu’elle cesse immédiatement ses activités, entraînant le congédiement d’un peu moins de 20 personnes.

Pour les employés auxquels a parlé l’Agence QMI, cette annonce n’a pas été une grande surprise. En février dernier, Vice Media avait indiqué son intention de supprimer 10% de ses postes à l’échelle mondiale. Même si ces congédiements ne touchaient alors pas le bureau de Montréal, plusieurs employés avaient préféré se prévaloir du programme de départ volontaire.

«On perdait des employés constamment et il n’y avait pas de communication avec le bureau de New York», a confié un employé du bureau montréalais qui a requis l’anonymat.

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Créé en 1994 à Montréal, Vice était à l’origine un magazine axé sur la contre-culture. L’entreprise s’est ensuite installée à New York, où elle a connu une croissance rapide pour devenir l’un des médias en ligne les plus populaires auprès des moins de 30 ans, avec son contenu original sur des thèmes comme la drogue, la sexualité ou encore la montée de l’extrême droite.

Fort de sa popularité, Vice Media a lancé une chaîne de télévision en 2016 et a ouvert des bureaux un peu partout dans le monde, dont celui de Montréal la même année.

Le bureau de Toronto sera donc dorénavant le seul endroit où du contenu original sera produit au Canada.

«Cette réorganisation est la suite de notre plan global qui a commencé plus tôt cette année», a indiqué Vice Media par courriel.

Malgré cette centralisation des activités, Vice Media continuera de créer du contenu original francophone, selon nos informations.

Pas un problème de visibilité

Selon Jean-Hugues Roy, professeur en journalisme à l’UQAM, la fin des activités de Vice Québec ne s’explique pas par un manque de consommateurs pour ses contenus originaux.

«Sur Facebook, Vice Québec avait un taux de réaction supérieur à la moyenne des autres médias», a remarqué Jean-Hugues Roy, qui s’intéresse à la popularité des médias sur les réseaux sociaux.

La faute à Facebook et cie

Le problème de Vice Québec est ailleurs et il est le même pour tous les médias traditionnels et les médias en ligne, a insisté le professeur.

«En ce moment, Facebook récolte tous les revenus publicitaires, et il n’en reste plus pour les médias. La fermeture de Vice Québec, ça devrait être le signal pour le gouvernement fédéral qu’il est minuit moins une pour obliger Facebook à redistribuer cet argent», a-t-il plaidé.

En plus de Vice Media, d’autres médias en ligne ont été contraints de diminuer leurs effectifs dans la dernière année. C’est notamment le cas de BuzzFeed et du HuffPost.

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