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Vincent Vallières célèbre ses 20 ans de carrière

Vincent Vallières célèbre ses 20 ans de carrière
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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MONTRÉAL – Pour célébrer ses 20 ans de carrière en musique, Vincent Vallières s'est fait plaisir avec une minitournée dans laquelle il interprète, dans leur intégralité, ses albums «Chacun dans son espace» et «Le repère tranquille». Cette série de spectacles intitulée «Face A/Face B» se conclura samedi au Petit Campus, à Montréal. 

«Ça fait drôle de penser que ça fait déjà 20 ans que je fais de la musique. Ça a passé vite! Ça a vraiment été des années fastes. Je suis le premier étonné de faire encore ça, d’être encore là et d’avoir encore une aussi belle place 20 ans plus tard», lance l’auteur-compositeur-interprète. 

Pour l’occasion, Vallières s’est entouré des musiciens André Papanicolaou, Simon Blouin et Michel-Olivier Gasse, qui l’accompagnaient au début des années 2000 lors de la sortie de «Chacun dans son espace» (2003) et de «Le repère tranquille» (2006). 

«Ça amène beaucoup de souvenirs. C’est le "fun" de se voir. On s’est moins vu ces derniers temps parce que tout le monde a des projets différents», avoue le principal intéressé. Certains d’entre eux sont d’ailleurs des amis du secondaire de Vallières. 

Les deux opus, qui ont aussi été réédités en vinyle, seront joués de la première à la dernière chanson. 

Vincent Vallières célèbre ses 20 ans de carrière
Photo Agence QMI, Joël Lemay

«C’est trippant parce que ça s’adresse aux gens qui nous ont connus à ce moment-là aussi, qui ont écouté ces disques-là. C’était une époque où on écoutait les albums, physique, plus qu’aujourd’hui», souligne l’artiste. 

Point d’ancrage «Chacun dans son espace», pour moi c’est le disque où j’ai trouvé ma façon de faire, ma signature, ce qui n’était pas le cas pour mes premiers disques», explique Vincent Vallières. 

«Pour moi, c’est vraiment un point d’ancrage important dans mon cheminement tout comme "Le repère tranquille", le disque qui a suivi, car c’est vraiment là que j’ai trouvé ma méthode et que j’ai trouvé mon public aussi. Ça m’a permis de constater que j’allais faire ça dans la vie.» 

Le chanteur qui a sorti son premier album à 20 ans a eu sa première guitare à 14 ans et a commencé un groupe avec des amis de classe. C’est ainsi que la carrière de Vallières a été lancée. 

«À cette époque-là, au début des années 90, il y avait une montée en puissance d’une nouvelle génération d’auteurs-compositeurs, comme Daniel Bélanger, Jean Leloup et cie. Donc il y avait des modèles auxquels moi je pouvais m’identifier en tant que créateur de chansons», ajoute-t-il. 

Toujours passionné 

Vingt ans ont passé depuis et le musicien de 40 ans a toujours la flamme pour la musique. «Encore aujourd’hui, quand je vais dans un magasin de disques, je tripe! J’aime écouter des albums. Ça me fait le même effet. J’ai réussi à garder un émerveillement assez intact par rapport à tout ça et un plaisir assez pur à le faire», affirme-t-il. 

Compte-t-il continuer pour un autre 20 ans? «J’aimerais ça! J’ai hâte de voir si je vais encore avoir des choses à dire et s’il va encore y avoir une place pour moi dans l’avenir. Mais ce qui est sûr, c’est qu’en ce moment j’ai vraiment du "fun" à le faire.» 

«Je sais que j’ai des défis qui m’attendent. Écrire à 40 ans ce n’est pas la même chose qu’à 20 ans. Il y a comme plein de fenêtres nouvelles de réflexions, de nouveaux filtres qu’on peut utiliser pour mettre en lumière des idées, des émotions, des réflexions. Je trouve ça le "fun"», conclut Vallières. 

 

En rafale 

 

Vincent Vallières célèbre ses 20 ans de carrière
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Le plus beau moment de ta carrière 

«C’est dur de répondre à ça. Je ne peux pas choisir un moment. Les plus beaux moments, c’est vraiment quand je suis dans mon bureau en train de travailler et je suis en train de finaliser une chanson qui est vraiment à mon goût et que je sens que j’en tiens une qui est bonne. Ça, pour moi, c’est des moments de pure magie.» 

Un moment insolite dans ces 20 années 

«C’était quelque chose que je décrirais plus comme de crève-cœur. En 2011, on a fait un grand spectacle au Festival d’été de Québec sur les plaines d’Abraham et, pendant ce "show"-là, devant environ 70 000 personnes, il s’est mis à pleuvoir et on n’a jamais pu finir le "show". J’étais très conscient que ce n’est pas le genre de chance qui se présente à toi à plusieurs moments. Il y avait cette déception, mais en même temps on a ramassé tout notre stock et on est allé finir ce "show"-là dans un bar devant 200 personnes. Ç’a été tout un party, jusqu’à 7 h du matin!» 

La chanson dont tu es le plus fier 

«J’aime beaucoup ma chanson "Le repère tranquille". Je trouve que c’est une chanson qui est achevée et que j’ai encore beaucoup de plaisir à jouer aujourd’hui.» 

Une chanson que tu aurais rêvé d’écrire 

«Il y en a plusieurs! Une de mes préférées, que je trouve pure et intemporelle, c’est le poème "Sensation" d’Arthur Rimbaud, que Robert Charlebois a mis en musique. Pour moi, c’est une chanson magistrale qui fait le pont entre des siècles. Je trouve cette musique et ces mots-là ensemble c’est une harmonie parfaite.» 

 

Un monde en constante évolution 

Vincent Vallières célèbre ses 20 ans de carrière
Photo Agence QMI, Joël Lemay

 

En 20 ans de carrière, Vincent Vallières a vu évoluer l’industrie de la musique. 

«Mon premier disque est sorti en 1999 en cassette aussi! Juste pour te dire d’où je pars, lance l’artiste québécois. On ne se questionnait pas tant sur la pérennité du disque.» 

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. Aujourd’hui, il suffit d’avoir un téléphone cellulaire pour écouter de la musique de partout à travers le monde. 

«Notre rapport à l’engagement dans notre écoute a changé. Quand tu achètes un album, c’est une forme d’engagement face à l’artiste dans le sens que je mets de l’argent, je pars avec le disque et je vais l’écouter. Maintenant, on peut scanner un disque et passer à autre chose», explique Vallières. 

L’artiste québécois avoue avoir vu une chute des ventes de disques, mais voit aussi les côtés positifs à cette transformation. 

«On ne peut pas lutter contre ces changements-là. Ça serait un peu niaiseux de le faire. On peut lutter contre une répartition plus équitable des revenus inhérents à la musique et de la façon dont ça circule, mais sinon cette circulation-là, pour moi, est quand même saine.» 

Au niveau de la production d’albums, les choses ont également bien changé au cours des deux dernières décennies. 

«Il y a une espèce de très très grande démocratisation. C’était grand aussi à la fin des années 90 avec la possibilité de l’autoproduction, mais aujourd’hui c’est décuplé. Tu peux faire un disque avec un téléphone!» souligne le musicien. 

«Le son de la chanson québécoise a beaucoup évolué et les créateurs aussi. J’ai fait partie d’une génération de créateurs très débrouillarde, mais la nouvelle génération, je la considère encore plus débrouillarde. Ils sont très novateurs et très en symbiose avec la culture planétaire», ajoute l’auteur de «On va s’aimer encore».